« Si on pouvait mettre les bienfaits de l’activité physique dans une pilule, elle serait la plus vendue au monde »…Malheureusement cette pilule miracle n’existe pas mais heureusement la possibilité de bouger et d’être actif à tous les jours est un privilège que nous avons et une priorité, que je pense, devrait être en tête de liste de chacun. La science nous confirme les bénéfices indéniables de bouger tant pour le côté physique que mental. Je pense qu’une prise de conscience est nécessaire sur l’importance d’entretenir la mécanique de la merveilleuse machine humaine, simplement en prenant le temps d’une course…

L’importance de changer l’huile de sa voiture permet de prolonger la durée de vie du moteur en évitant des bris qui pourrait être dangereux et couteux Notre cœur a besoin d’être stimulé par l’activité physique pour lui permettre de performer, d’être efficace et d’éviter les dangers associés à la sédentarité. Une amélioration de la fluidité sanguine pour réduire la formation de caillots dans les artères, une baisse de la fréquence cardiaque à l’effort comme au repos et une fréquence cardiaque qui revient à la normale beaucoup plus rapidement qu’une personne sédentaire ne sont que quelques bénéfices qu’un entrainement constant peut nous apporter. Comme tous les muscles du corps humain et suite à l’entrainement, le cœur gagne en masse et en puissance favorisant une plus grande quantité de sang éjecté  à chaque contraction et lui permettant d’avoir plus d’endurance en oxygénant mieux les muscles actifs lors d’une activité physique. « Un cœur qui se fatiguera beaucoup moins à long terme » comme l’explique Saïd Makery, professeur de kinésiologie de l’Université Acadia. Bouger quotidiennement contribue à abaisser  la pression artérielle et la glycémie, stimule la digestion et libère l’organisme des toxines, simplement en prenant le temps d’une course…

L’activité physique joue un rôle primordial pour la santé des os en renforçant notre colonne vertébral, notre squelette et en freinant la perte osseuse. Nos os sont notre support mécanique, ils protègent nos organes vitaux, ils sont responsables de la formation de globules rouges dans ses cavités médullaires et nous permettent de bouger en servant d’ancrage pour les muscles. Ils sont toujours en période de remodelage osseux caractérisé par des ostéoclastes (cellules responsables de la résorption osseuse)  et des ostéoblastes (cellules responsables de la synthèse et de la croissance osseuse). Ce processus constant de la destruction et de la reconstruction osseuse est défini par des ostéoblastes beaucoup plus actifs au cours de la croissance. C’est durant cette période que l’on bâtit sa masse osseuse et ce, pour la vie, d’où vient l’importance pour les jeunes de bouger le plus souvent possible. La solidité de l’os est un processus à long terme et significatif suite à la persistance et la constance  d’être physiquement actif. Par conséquent, il faut commencer jeune et ne jamais s’arrêter. Il n’est  jamais trop tard pour commencer!  En vieillissant, le renouvellement osseux ralenti et est caractérisé par une perte de masse osseuse. Les os deviennent plus minces et fragiles et ainsi, deviennent beaucoup moins résistants. Cependant, en étant actif et en pratiquant une activité physique avec mise en charge (marche, course), les os se renforcent en améliorant leur contenu minéral et leur architecture, en plus de freiner sa perte de solidité suite au vieillissement. Une activité extérieure est fortement recommandée afin de profiter des rayons du soleil et de bénéficier d’une dose de vitamine D, qui facilite l’absorption du calcium, un minéral essentiel dans le processus du remodelage osseux.

Une étude menée par Robling et ses collaborateurs (2002) sur des rats ont démontré des résultats incroyables. Ces derniers ont entrainé des rats trois fois par semaine sur une durée de 16 semaines et les résultats de cette étude démontre clairement que la densité et le contenu minéral osseux avait augmenté jusqu’à 6.9%, mais surtout la résistance de leurs os s’était accrue de 64%! Pour les gens sédentaires, les personnes âgées et les femmes post ménopausées cette fragilisation des os  devient un élément important  de souffrir d’ostéoporose et de subir une fracture qui peut dans certains cas, devenir invalidant. L’ostéoporose est une maladie sournoise, elle est indolore et asymptomatique jusqu’à ce qu’une fracture arrive. Toutefois, avec la pratique régulière d’une activité physique et la sollicitation mécanique des os et ce, peu importe l’âge, la possibilité de garder et maintenir la santé de nos os nous appartient. En prenant le temps d’une course…

Plus que jamais, avec la pandémie actuelle que nous vivons, les problèmes mentaux sont omniprésents. Que ce soit à la télévision, la radio ou encore les réseaux sociaux, la dépression, l’anxiété et trouble d’adaptation affectent la population et ce, au niveau mondial. De l’isolement au stress en passant par un manque de sommeil  et un déconditionnement physique, nous retrouvons tous les ingrédients nécessaires pour  créer un déséquilibre hormonal marqué par un manque de neurotransmetteurs (messagers chimiques).  Les études nous indiquent clairement que la pratique régulière d’activité physique stimule l’hypophyse et l’hypothalamus (glandes du cerveau) qui libèrent de l’endorphine, de l’ocytocine, de la dopamine et de la sérotonine (hormones du bonheur) qui sont responsables de la sensation de bien-être et sont également responsables du sommeil et de l’appétit.  Dre Karmel Choi clinicienne et chercheure à l’Université Harvard mentionne « Pour prévenir la dépression, il faudrait idéalement faire un exercice de forte intensité, de la course par exemple, durant au moins 15 minutes par  jour ou bien un exercice de plus faible intensité, comme de la marche pendant au moins 1 heure. Une étude publiée dans le « Harvard Gazette »confirme que des  niveaux accrus d’activité physique peuvent réduire grandement les risques de dépressions, même chez les personnes génétiquement prédisposées à cette maladie ».

Un manque d’énergie et de motivation sont souvent les raisons principales évoquées par plusieurs pour aller chercher de l’aide pharmacologique pour des problèmes de santé mentale, avec les coûts et le risque de dépendance qui s’y  rattachent. Toutefois, nécessitant un certain niveau de motivation et secondé par un professionnel de la santé comme par exemple un kinésiologue, l’activité physique, épaulé  par de nombreuses études démontrent clairement ses bienfaits indéniables sur plusieurs paramètres associés au stress. Elles nous permettent de retrouver de saines habitudes de vie et diminuer, voire même complètement éliminer les symptômes de santé mentale. En prenant le temps d’une course…

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2017 les troubles de santé mentale occupait le 2ième rang derrière les maladies du cœur pour les coûts reliés à la  morbidité (relatif à la maladie). Au Canada, l’Agence de la santé publique, stipule que les  maladies mentales sont en tête de liste pour les coûts liés aux soins directs. Assurément, que ces chiffres ne se sont pas améliorés en 2020/21 avec la situation que nous vivons. Les fractures résultant de l’ostéoporose sont aussi un problème socioéconomique important avec les hospitalisations, la réadaptation et les risques d’invalidité à long terme. Il va sans dire que le besoin d’être actif représente un des traitements des plus efficients et des moins coûteux qui existe. Il n’est pas nécessaire de courir le marathon ou de monter le Mont Everest, une personne active est une personne qui marche en forêt, roule en vélo, monte les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur etc… Il s’agit de trouver l’activité qui nous allume et la pratiquer le plus longtemps et le plus souvent possible. Bouger c’est de prendre soin de soi, de sa santé et surtout d’y trouver le plaisir! En prenant le temps d’une course…

Réf : Gouvernement du Canada (2020) ; Dre Karmel Choi Université Harvard (2019); Saïd Makery Université Acadia (2020); Alexander Robling et ses collaborateurs (2002);L’ OMS (Organisation Mondiale de la Santé) (2017). Programme kinésiologie Université de Montréal; Anatomie et physiologie humaine (Marieb).

Daniel Bissonnette (B.Sc.)

Kinésiologue accrédité (F.K.Q.)