Il n’y a plus aucun doute, l’activité physique représente un facteur important pour la prévention des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, du diabète, de l’ostéoporose et de certains cancers notamment ceux du sein et du côlon. Toutefois, il y a de plus en plus d’études qui démontrent clairement les bienfaits de l’activité physique pour favoriser une bonne santé mentale. L’activité physique, plus que jamais, pourrait être un allié éminent afin de limiter les dommages causés par le confinement résultant du Covid-19.

Le coronavirus est une pandémie mondiale, à ce jour, il y a plus de 193 pays touchés et les victimes augmentent sans relâche. Depuis mars dernier, le Canada et le reste du monde sont mis en quarantaine afin d’arrêter ce fléau qui remet en perspective notre façon de vivre. Mis à part les décès, les dommages collatéraux sont considérables, par exemple : Les pertes d’emplois, les faillites d’entreprises, les écoles fermées ainsi qu’un niveau de stress important sont des atteintes catastrophiques qui frappent le monde entier. Cependant, qu’en est-il de la santé mentale des individus causée par ce virus?

L’incertitude occasionnée par cette calamité peut amener plusieurs personnes à souffrir d’anxiété. Cette inquiétude extrême peut nuire considérablement à la vie de tous les jours et du même coup apporter un sentiment d’angoisse face à leur avenir. Plus souvent qu’autrement, les gens souffrant d’anxiété doivent suivre une psychothérapie associée à un traitement médicamenteux afin de permettre une diminution de l’intensité des symptômes vécus. Cette association des deux approches est plus efficace que les deux prises isolément. Toutefois, rarement l’activité physique est prescrite comme traitement et ce, malgré son efficacité démontrée. Le danger relié à la prise de médicaments pour l’anxiété en est un de dépendance. Par exemple, le Xanax est un tranquillisant qui permet aux personnes anxieuses de relaxer pour diminuer les attaques d’anxiété. Cependant, le risque de dépendance est omniprésent. Si l’utilisateur est en retard avec sa dose ou s’il oublie de la prendre, l’anxiété peut devenir tellement intense que la personne devient désorganisée, voire même dangereuse si elle ne parvient pas à satisfaire ses besoins pharmaceutiques.

Avec la pratique régulière d’une activité physique, comme par exemple la course à pied, il a été démontré qu’une sensation de bien-être peut perdurer pendant des heures et qu’en plus l’individu peut développer une confiance pour mieux se préparer aux crises d’anxiété. De plus, ces dernières peuvent dans certains cas, complètement disparaitre suite à un programme d’activité physique développé par un professionnel de la santé comme par exemple un kinésiologue « In general it appears that both acute and chronic physical activity are associated with decreases in anxiety both for people with normal and elevated levels of anxiety. Kate Hays Ph.D. Psychology ». Évidemment, tout comme la médication, une dépendance peut se développer envers l’activité physique. Par contre, c’est une dépendance qui fait du bien!

La dépression chez les individus risque de se manifester davantage avec la situation que nous vivons en ce moment. Elle se caractérise par un état pessimiste chez la personne, c’est-à-dire qu’elle considère plus le côté sombre de toutes les situations qui se présentent. Ces personnes ont souvent une humeur triste et éprouve peu de plaisir, une dévalorisation de sa propre personne et elles se sentent inaptes et incapables d’accomplir une tâche quelconque. Deux caractéristiques importantes causées par le coronavirus favorisent une atteinte à la santé mentale : La tristesse d’avoir peur de contracter le virus et le stress provoqué par la détérioration de l’attachement émotionnel produit par l’isolement. Un important déterminant de l’activité physique est qu’il permet d’arrêter ces pensées déplaisantes associées au stress, à la dépression et à l’anxiété « il est rare que ces pensées surviennent spontanément durant l’exercice et, si c’est le cas, il suffit de reporter son attention sur sa respiration, ou sur la sensation de ses pas sur le sol, et elles disparaissent d’elles mêmes. David Servant Schreiber Ph.D Psychiatrie ».

Il a été démontré auprès d’une population clinique souffrant de dépression et d’anxiété que l’activité physique était complice à des changements psychologiques et cognitifs positifs en plus d’une réduction de symptômes dépressifs, anxieux et d’épuisement professionnel. La situation que nous vivons présentement justifie pleinement l’importance d’agir en mode prévention et d’être proactif avant l’apparition de symptômes reliés à la maladie mentale. Tout comme les troubles d’anxiété, la dépression est plus souvent qu’autrement traité par des médicaments comme par exemple des antidépresseurs à base d’opium et de ses dérivés, tels que la morphine et l’héroïne. Encore une fois, les effets secondaires de ces médicaments peuvent dans certains cas modifier considérablement la vie de tous les jours de certaines personnes. Parmi ces effets secondaires, nous pouvons identifier des changements au niveau neurologique, cardiovasculaire ainsi que du poids corporel.

L’activité physique tout comme la prise de médicaments, engendre une sensation de bien-être. L’effet des endorphines relâchées durant l’exercice procure une sensation de plaisir et ce, de façon naturelle. Il a été clairement démontré que l’activité physique stimule la sécrétion de sérotonine qui procure un effet antidépresseur ainsi que la régulation de l’humeur. De plus, l’exercice stimule la sécrétion d’endorphines qui à pour fonction de réduire la douleur et donner une sensation euphorique et ainsi diminuer les effets néfastes causés par le stress. L’augmentation de la température corporelle par l’activité physique permet une meilleure circulation sanguine au niveau du cerveau et cette réaction sur la régulation hormonale, permet de diminuer la réaction physiologique au stress. Des études récentes (Duncan, S.C. 2012, Ku. P.W. 2012) démontrent un effet protecteur de l’activité physique sur l’apparition de symptômes anxieux et dépressifs chez les adolescents, les adultes ainsi que les personnes âgées.

Il est important de mentionner que l’objectif de ce texte n’est pas d’exclure ou encore d’éliminer complètement la prise de médicaments pour les gens qui en ont besoin, mais plutôt d’établir une coexistence entre ces derniers et l’activité physique. Éventuellement, et ce de façon progressive, toujours sous la supervision d’un médecin traitant ainsi qu’un kinésiologue, la médication pourrait être remplacée complètement par l’activité physique. Avec la distanciation sociale que nous vivons présentement, les activités à l’extérieur, en nature, deviennent une alternative intéressante pour s’activer en sécurité. Ainsi, en attente de la reprise d’une vie normale, je vous suggère fortement en tant que kinésiologue, de trouver un trajet agréable pour pouvoir marcher et bouger au minimum 30 minutes par jour, à l’effet de se prémunir des bienfaits de l’activité physique. Allez jouer dehors!
Réf : David Servan Schreiber; Kate Hays; Susan Duncan; Po-Wen Ku.
Daniel Bissonnette (B.Sc.)
Kinésiologue accrédité (F.K.Q.)

Recent Comments