« Look deep into nature, and then you will understand everything better ». Considéré comme étant l’un des plus grands scientifiques de l’histoire, Albert Einstein aurait-il été inspiré par la nature pour ses nombreuses distinctions? Les études sont nombreuses concernant le bien-être et les bienfaits physiques et thérapeutiques que la nature peut apporter à l’être humain. Dans un premier temps, nous discuterons de l’influence positive de la nature sur la santé mentale et physique. Deuxièmement, de son importance sur un système immunitaire efficace. Enfin, le plaisir et l’influence positive sur la santé d’aller jouer dehors…

 Plusieurs études ont démontré que de passer du temps en nature peut faire des miracles pour diminuer le niveau de stress, calmer l’anxiété, prévenir la dépression et soulager des maladies psychosomatiques comme par exemple : L’insomnie, les migraines et l’irritabilité.  Parmi ces nombreuses études, celle de  Gregory Bratman, un étudiant diplômé de l’Université Stanford et ses collègues « sur les effets psychologiques de la vie urbaine » ont remarqué que des bénévoles qui marchaient en nature  étaient plus attentifs, plus réceptifs et plus heureux en comparaison avec des bénévoles qui marchaient à proximité d’un trafic intense.Suite à cette observation, Gregory et son équipe ont fait une deuxième étude afin d’explorer ces « mécanismes neurologiques » concernés, particulièrement reliés aux pensées obsessionnelles ainsi que les ruminations mentales qui sont observables par l’activité d’une région spécifique du cerveau : Le cortex préfontal. L’analyse des flux sanguins de cette région et les réponses à un questionnaire que ces volontaires devaient compléter ont démontré une concordance entre un environnement naturel et « une diminution de pensées négatives, une meilleure vision du présent et un apaisement générale ». La diminution du flux sanguin de cette région du cerveau a confirmé leur perception!

Depuis le début de la Covid-19, l’augmentation des troubles de santé mentale, la diminution de l’activité physique et l’isolement social forment un dangereux mélange pour le bien-être de plusieurs. De récentes études en neuroscience, démontrent clairement l’effet protecteur que la nature aurait contre l’apparition de troubles neurologiques et psychiatriques. D’après des études publiées dans « l’International Journal of Environmental Research and Public Health », faire une balade  en nature ou simplement s’asseoir et regarder les arbres, entendre le son des oiseaux abaisserait le rythme cardiaque, la pression artérielle et les taux d’hormones reliés au stress dont l’adrénaline et le cortisol. Ces mêmes chercheurs ont constaté qu’une sortie de 2 heures en forêt abaissait d’une façon marquante les niveaux d’anxiété, de dépression, de fatigue et de la colère en plus d’améliorer l’humeur des participants de l’étude. Au Danemark, une étude menée sur plus de 1 million de personnes de leur enfance jusqu’à l’âge adulte a démontré un risque de plus de 55% de développer des troubles psychiatriques (anxiété, dépression) chez les enfants qui grandissent en milieu urbain et qui ne fréquentent pas les espaces verts! En effet, les chercheurs de cette étude ont remarqué un pourcentage beaucoup plus élevé de maladies psychiatriques en milieu urbain. Caractérisé par un environnement propice aux facteurs de stress, comme la pollution, le bruit, les nuisances visuelles…Le cerveau est constamment sollicité et se repose peu.

Un groupe de l’Université Cornell qui a analysé 14 études sur les effets du temps passé en nature sur des étudiants âgés de 15 à 30 ans, nous donne des résultats étonnants! L’objectif de l’étude était d’analyser et de comparer le nombre d’heures et de minutes nécessaires du temps passé en nature afin de produire des changements positifs au niveau du bien être et de la santé mentale des participants. Les résultats démontrent que de passer de 10 à 50 minutes en milieu naturel, permettrait une amélioration de l’humeur, de la concentration ainsi qu’une diminution des marqueurs physiologiques du stress (tension artérielle et rythme cardiaque). D’après Genevieve Meredith de l’Université Cornell « Les effets bénéfiques ne prennent pas longtemps à se faire ressentir, on parle de 10 minutes passées dans un espace naturel ». D’ailleurs, l’équipe du professeure Meredith suggère fortement qu’une prescription en nature comme forme de traitement pour prévenir ou diminuer le stress, l’anxiété, la dépression et d’autres troubles de santé mentale soit prescrit chez les étudiants.

Le Docteur Robert Zarr, fondateur et directeur de « Park Rx America » est reconnu pour prescrire une « dose de nature » à ses patients. Se basant sur plus de 400 études sur les impacts positifs de la nature contre des maladies chroniques comme le diabète, l’obésité, la dépression, les maladies mentales et ainsi de suite, le Docteur Zarr n’hésite aucunement à prescrire le plein air afin d’améliorer ces conditions. Pour lui et ses collègues, il est rare de trouver un traitement accessible à tous, peu couteux, sans effet secondaire et efficace pour aider ses patients. « I have helped my colleagues both here and around the country to adopt park prescription into their daily routine of providing clinical care ».

Saviez vous que…Passer du temps en nature améliore sa créativité, ranime sa capacité de concentration et d’attention, stimule nos facultés mentales et diminue considérablement les symptômes du TDAH « Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité ». La nature optimise la qualité et soulage les problèmes de sommeil et elle influence positivement nos relations avec les autres personnes. La nature peut aussi alléger le processus de deuil, car la nature aide à mieux s’adapter et plus particulièrement en améliorant notre conscience et concept de soi ainsi que les effets positifs sur l’humeur

En présence de virus ou bactéries, notre système immunitaire à pour mandat de protéger notre organisme. Elle se divise en deux parties : La première (non spécifique)  est constituée principalement de macrophages et de cellules tueuses naturelles (NK) et leur mission est de détruire les agents infectieux (bactéries, virus) par phagocytose (digestion). Cependant, malgré sa rapidité d’intervention, elle ne possède pas de mémoire immunitaire. Contrairement à la première, la deuxième ligne de défense (spécifique)  à se présenter possède une mémoire immunitaire, ainsi, la réponse immunitaire est améliorée et plus efficace. Les différents lymphocytes (globules blancs) sont responsables de cette deuxième ligne de défense et synthétisent des anticorps spécifiques contre le virus. C’est cette deuxième ligne de défense qui intervient suite à un vaccin.

Seconder par de nombreuses études, l’activité physique modérée pratiquée de façon régulière stimule positivement le système immunitaire et les avantages sont encore supérieurs lorsque cette activité physique est pratiquée à l’extérieur. Les différents composants que nous retrouvons dans l’air qui sont libérés par les arbres permettre de stimuler davantage notre système immunitaire. En effet, les phytoncides, un composé chimique libéré par les arbres pour se protéger contre les insectes aurait la capacité d’augmenter le nombre et l’activité des différents lymphocytes (globules blancs), dont les cellules tueuses naturelles (NK) lorsque nous respirons.  Suite à un séjour en forêt de 3 jours et 2 nuits, des participants présentaient une augmentation de globules blancs  et ce, plus de trente jours après leur retour! (Enviromental Health and Preventive Medecine 2010). Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la pollution de l’air tue près de 7 millions de personnes chaque année et il y aurait un lien entre les gens vivant dans des  régions polluées et les taux de mortalité liés à la Covid-19.  Plus souvent qu’autrement, ces régions urbaines sont dépourvus d’arbres pour aider à purifier notre air et limite considérablement la quantité de phytoncides.

Avec la situation actuelle que nous vivons suite à cette pandémie, un investissement de temps en nature pourrait être grandement efficace et protecteur. Au Japon, la pratique des bains de forêt « shirin- yoku » qui consiste à marcher en forêt auraient des résultats étonnants : Une meilleure circulation sanguine, une amélioration des systèmes cardiovasculaire, neuroendocrinien, immunitaire et métabolique. Une diminution de l’indice inflammatoire et un allègement des troubles de l’humeur et du comportement. Cette pratique japonaise reconnue par le corps médical du Japon commence à être de plus en plus populaire en Amérique du Nord et plus spécifiquement au Canada avec toute la végétation et les nombreux arbres qui libèrent des phytoncides. Pour la Docteure Willi Broeren, les effets positifs de la nature pour notre santé sont indiscutables. « C’est un traitement 100% naturel, aucun effets secondaires négatifs et de plus c’est gratuit! Je sais à quel point la nature est importante pour notre santé. À une époque où les taux d’obésité, de diabète, de troubles cardiovasculaires et de maladies mentales sont à la hausse, la nature peut devenir un puissant antidote ». Dans les temps que nous vivons, il est bon et salutaire de se retrouver à l’extérieur, une bonne « dose de nature » devient de plus en plus populaire auprès du monde médical.

Saviez vous que…Un suivi effectué dans 15 états américains suite à « l’agrile du frêne », un insecte dont la larve a infectée plus de 1 million de ces arbres qui ont du être coupés, a été relié à plus de 6000 morts associés à une maladie respiratoire et plus de 15000 décès liés à une maladie cardiovasculaire! L’impact des arbres sur la santé humaine dans les zones urbaines est d’une importance capitale. En plus de fournir des phytoncides pour renforcir notre système immunitaire, les arbres éliminent la pollution de l’air en capturant des particules nocives et en absorbant des gaz à cause de leurs feuilles.

Toute activités physiques pratiquées à l’intérieur ou à l’extérieur ont des bienfaits majeurs pour le bien être physique et mental chez l’humain. Cependant, la possibilité de jouer dehors et de profiter en même temps de la nature est une expérience unique et tellement profitable. Bouger à l’extérieur permet de faire travailler davantage nos muscles en affrontant les différents défis que nous y retrouvons. Par exemple : La chaleur, le froid, le vent et les terrains accidentés. D’après des études, la facilité de bouger, le rythme préconisé, le sentiment d’éveil et le plaisir étaient supérieurs à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur. D’autres études stipulent que la nature favorise d’une manière « subjective et objective » à une meilleure santé physique et contribue à une perception de bien-être. En plus de brûler davantage de calories et de respirer les phytoncides libérer par les arbres, bouger dans un environnement naturel, permet de renforcir notre système immunitaire en le rendant moins vulnérable aux différents virus et bactéries auxquels nous sommes exposés quotidiennement.

Un entrainement en nature favoriserait une meilleure adhésion et rendrait l’entrainement plus facile. Une étude réalisée à l’Université de Sherbrooke sur deux groupes de femmes dont l’objectif était de comparer deux environnements d’entrainement (intérieur/extérieur) renforce cet énoncé. Comme l’explique la kinésiologue Marianne Lacharité-Lemieux « L’entrainement en plein air est plus ancré dans le plaisir, la satisfaction et la régularité.  Les différents paysages et la beauté que la nature nous donne rendraient les efforts moins difficiles.  Plus l’environnement contient des éléments naturels, plus les bienfaits seront prononcés ».

Saviez vous que… Lorsque vous vous entraînez à l’extérieur, les rayons du soleil stabilise notre horloge interne (rythme circadien) et favorise un meilleur sommeil. En s’entrainant à l’extérieur, l’exposition à lumière du jour fournit de la vitamine D qui aide l’organisme à absorber le calcium des aliments pour la solidité des os et pour prévenir l’ostéoporose, surtout pour les personnes de 50 ans et plus!

Bouger en nature est un privilège, en plus d’être une activité tellement agréable et gratifiante, elle est accessible à tous. Pour ceux et celles qui vivent en ville, vous n’avez qu’à enfourcher votre vélo, prendre une marche et trouver un parc, un espace vert avec quelques arbres et profiter des stimuli olfactifs qui sont omniprésents. Si vous voulez débuter un entrainement à l’extérieur et que vous n’êtes pas à laisse avec ce processus, pourquoi ne pas s’acquérir les services d’un kinésiologue, un spécialiste de l’activité physique qui se fera un plaisir de vous guider dans ce processus. Je suis coureur de fond depuis vingt ans, ma « dose de nature » est un besoin intrinsèque et indispensable! J’espère pouvoir bénéficier de cette drogue le plus longtemps possible…Enfin, une citation du Docteure Broeren résume très bien ce texte « La nature est véritablement la meilleure forme de médecine! ». Allez jouer dehors!

Ref: Gregory Bratman et all. Nature experience reduces rumination and subgenual prefrontal cortex activation.2015;  International Journal of Environmental research and Public Health. Août 2017; Genevieve Meredith. Frontier in Psychology. Université Cornel janvier 2020; Robert Zarr. Nature and Human Health. 2017; VF Gladwell. The great outdoors: How a green exercice environment can benefit all.Physio Med.2013; Marianne Lacharité-Lemieux. Mon kinésiologue.2017; Dre Willi Broeren. Parks NB.2020; Les arbres: Nos alliés naturels pour vivre plus longtemps, plus heureux et en meilleur santé. avril 2020.

Daniel Bissonnette (B.Sc.)

Kinésiologue accrédité (F.K.Q)